Air niais et sourire gaga, vous ressemblerez sans doute à ça si vous allez voir les adorables bébés de Thomas Balmès. On le savait, les bébés ça fait vendre, les voilà donc au cinéma. Mais qu'on ne s'y trompe pas il ne s'agit pas ici d'eau minérale, le projet est bien plus ambitieux et empreint d'humanité. Sans aller y voir autant de bonnes intentions je dirais que même si c'est cucul à mort, on tombe tous dans le panneau et sous le charme de ces bambins. On suit avec délice les différents stades de leur évolution : la découverte de leur corps, les premiers sourires, les premiers mots et les premiers pas. Les bébés sont spontanés et naturels et bien que séparés par des milliers de kilomètres ils ne sont pas encore marqués d'aucune culture, ce sont les mêmes, ils ont encore tout à découvrir. La façon dont ils sont éduqués d'un continent à l'autre est absolument passionnante, de la toilette du bébé à ses bêtises en passant par ses rapports avec les animaux.
En 1h15 on s'attache beaucoup à Hattie, Ponijao, Bayarjargal et Mari qu'on est surpris de quitter aussi tôt. A moins d'être complètement rustre on ne peut qu'adorer !
J'en parle un peu tard, le film n'a été diffusé que dans très peu de salles, je n'en ai pas beaucoup entendu parlé et c'est vraiment dommage... Fleur du désert c'est l'histoire bouleversante de Waris Dirie, somalienne qui fuit sa famille lorsque son père veut la marier à un homme beaucoup plus vieux qu'elle. Au péril de sa vie elle traverse le désert avant d'arriver chez sa grand mère qui l'envoie comme femme de ménage à Londres. Elle deviendra finalement mannequin, mènera la vie dont beaucoup de femmes rêvent mais révèlera son terrible secret dont elle fera son cheval de bataille au nom de toutes les femmes qui comme elle ont été excisées. C'est donc l'histoire vraie tirée du roman de Waris Dirie, (Waris qui signifie fleur du désert en somalien) qui est aussi devenue ambassadrice de l'ONU chargée des questions de mutilations sexuelles.
Cinématographiquement parlant la réalisation est un peu impersonnelle, la mise en scène n'est pas très recherchée et la couleur des images fait un peu artificielle. Mais on oublie complétement ces défauts au profit de l'histoire prenante et du jeu de l'actrice Lya Kebede qui est superbe (même clochardisée) et vraiment poignante. Elle est accompagnée de Sally Hawkins, la dingo de Be Happy qu'on a aussi pu voir dans uneéducation et qui incarne Marylin, la copine déjantée (encore) au cœur tendre. Le duo est détonnant, d'un côté la femme blessée, grave et réservée, de l'autre la londonienne libérée, presque insouciante. Le contraste insiste sur le tragique et l'horreur tout en apportant une note de légèreté et c'est plutôt bien vu.
Le film ne peut que vous toucher, d'autant plus si vous êtes une femme, et c'est l'occasion de rappeler que 6000 petites filles se font encore exciser dans le monde chaque jour et que les mentalités sur ces traditions d'un autre âge persistent...
Ici le site de la fondation de Waris Dirie qui est édifiant et la musique du film qui revient à chaque fois comme une ritournelle.
Précieuse, drôle de nom pour une jeune fille si mal aimée et que la vie n'épargne pas. Alors, autant vous prévenir tout de suite, n'allez pas voir ce film si vous êtes dans un mauvais jour car même si le fond de l'histoire montre que quand on y croit tout est à peu près possible, le moral en prend un sacré coup... Precious c'est l'histoire vraie d'une ado qui, aidée des bonnes personnes et d'une volonté de fer va tout faire s'en sortir. C'est hyper réaliste, très violent, dur, parfois glauque mais bouleversant même si avec un peu de recul ça a un goût de déjà vu. Néanmoins, la performance de la jeune actrice, Gabourey Sidibe est incroyablement juste et aurait très largement mérité un Oscar. On a envie de la prendre dans ses bras, de la serrer très fort et de lui dire que tout va bien se passer. On se sent complétement impuissant face à tous ces malheurs et cette injustice. C'est parfois un peu larmoyant, et c'est pour moi le seul point négatif, mais comment faire autrement?
Les nombreuses éloges de la presse sont selon moi tout à fait justifiées, par contre elles n'avaient absolument pas mentionner la présence de Mariah Carey en assistante sociale sans maquillage et avec des seins de taille normale, qui s'en sort pas trop mal même si je n'ai pas trop aimé l'effet de surprise (non mais je rêve! c'est-Ma-riah-Ca-rey). Lenny Kravitz est aussi présent et joue le rôle d'un infirmier trop beau, trop cool et trop sympa.
Pour finir on retiendra le proverbe américain cliché de la gentille prof lesbienne compatissante qui résume bien le film : "un long voyage commence par un petit pas". A méditer...
Réflexion encore avec tout ce qui brille, qui retrace les mésaventure de Lila et Ely, les meilleures amies du monde qui partagent tout et qui rêvent de vivre la grande vie à Paris. Je vous vois déjà sourire et vous moquer mais j'assume complétement mon côté fifille et superficiel, parce que même si la réflexion s'arrête au titre, j'ai quand même adoré.
Donc comme ça a déjà été dit et redit, on échappe en effet au cliché sur la banlieue, on pas l'impression d'être dans un reportage de zone interdite sur la vie des cités et c'est appréciable. Par contre, on le dit moins mais les parisiens des milieux chics en prennent pour leur grade (peut être à juste titre...). L'identification aux deux héroïnes est immédiate, Géraldine Nakache (mariée à Manu Payet dans la vraie vie. Si si!), que j'aime beaucoup, est LA fille next door qui pourrait être notre copine et dont les parents ressemblent étrangement aux nôtres. C'est drôle, léger, pétillant, absolument pas prise de tête on passe un vrai bon moment mais une chose m'a quand même vraiment agacé, je ne comprends pas pourquoi ces jeunes filles ne peuvent pas s'exprimer sans crier, c'est fatiguant... Pareil pour Audrey Lamy (oui, la sœur de) qui est excellente quand elle ne hurle pas. Si ça participe à l'effet comique, je n'ai rien compris... A part ces détails de son, je recommande chaudement Toutce qui brille à voir avec sa meilleure amie (je n'avais pas la mienne sous la main mais j'ai pensé à elle) pour se rendre compte que même si on prend des chemins différents, l'amitié est éternelle quoi qu'il arrive... A méditer aussi!
La BO est aussi très chouette on passe des mecs de la Chanson du dimanche à The Streets, Clap your Hands Say Yeah et la drôle de vie de Véronique Sanson remise au gout du jour et que je dédicace à la fille de London ;)
Alors d'abord la bonne surprise c'est en rentrant dans la salle de cinéma, 4 lettres placées devant l'écran: GUSH. Avec Philou on se demande ce que ça peut bien être... Et puis 4 types aux cheveux longs et slims, genre petits minets parisiens font leur entrée sur la petite scène et commencent à pousser la chansonnette. Les gens arrêtent de parler, on écoute tous religieusement la petite chorale, on applaudit et c'est très chouette. En plus on échappe au quart d'heure de pub réglementaire donc on aime encore plus!
Puis changement d'ambiance radicale avec Dicaprio en Marshall des années 50 qui vient enquêter sur la mystérieuse disparition d'une patiente d'un asile psychiatrique pour détenus dangereux. Je n'avais pas du tout aimé Aviator que j'avais trouvé américain au possible, mais là je dois dire que le duo Scorsese/Dicaprio est détonnant! Leonardo est un peu comme un bon vin, il se bonifie avec le temps, et on oublie ses rôles de minets. Par contre si son jeu s'améliore, ce n'est pas le cas niveau physique, personnellement je l 'ai trouvé un peu bouffie... bref. Scorsese nous plonge dans une atmosphère angoissante avec musique qui va bien et images glacées genre film noir des années 50. Très vite, l'enquête prend des allures de conspirations où se mêlent visions, fantômes, vieux démons et folie, et on bascule nous aussi dans cette folie en essayant de comprendre qui est plus fou que l'autre. Je suis rentrée à fond dedans dès le début et j'ai trouvé ça absolument palpitant même si le dénouement est à mon goût un peu long...
La prochaine fois je vous parle de la belle Precious qui vit elle aussi dans un monde se folie.
En Corée, une mère élève seule son fils, un peu benêt. Une jeune fille est retrouvée morte, le fils est accusé et envoyé un peu trop vite en prison. Sa mère va TOUT tenter pour innocenter son fiston. Portée par un instinct maternel passionnel, presque animal, elle va mobiliser tous ses moyens pour mener l'enquête, seule contre tous.
Après les histoires de monstres de The Host, Joon-ho Bong se lance dans ce thriller absolument passionnant à l'humour noir et met en avant Kim hye-ja qui joue magistralement le rôle de la mère coréenne. Je lisais d'ailleurs récemment que les liens unissant la mère et le fils en Corée sont très forts, comparables à la mère juive ou à la mamma sicilienne... Dans Mother cette relation est poussée à l'extrême, exploitée jusqu'à la folie.
Jusqu'où cette mère courage est-elle prête à aller pour sauver son fils? C'est un peu tard, mais courez voir Mother, et vous ne verrez plus votre petite môman de la même façon...
Aaah nos amis belges... J'aime bien les belges. Il y a quelques années, en vacances, j'avais fais la connaissance d'un belge. Un scout, grand, maigre avec un gros nez et un accent à couper au couteau qui parlait de doufeou de paf. Je le trouvais carrément spècemais c'était rien à côté des belges de Felix Van Groeningen. Ces belges en question (on ne fait pas de généralité hein) sont une famille de gros beaufs, crades à la limite de la marginalité dans laquelle essaye de s'en sortir Gunther, 13 ans, de l'acné et une coupe de mulet. Élevé par sa grand-mère, Mémé, son père Marcel dit Cel et ses trois oncles, Petrol, Baraqué et Koen, dans un climat pipi-caca et bière, le pauvre Gunther a du mal à s'y retrouver et se rend bien compte qu'il évolue dans un beau merdier. Nous ça nous fait beaucoup rire ces histoires de tour de France de la bière, de course cycliste tout nu et de chanson à boire, mais il ne faut pas rire! C'est tellement vrai... au fil des déboires des oncles qui entraînent Gunther malgré lui, la détresse est palpable. On passe en permanence du rire aux larmes, on se moque des personnages décidément trop cons, mais qu'on aime quand même et en on est frappé par la réflexion sur la filiation, l'hérédité et le regard que porte le jeune Gunther sur sa famille et son père dont il fait un portrait sans concession mais qu'il aime, évidemment. Finalement même dans leur vie de merde il reste de la poésie et une part d'enchantement. Après coup cette merditude m'a fait repensé à des films comme Fish Tank, ou ThisisEngland, le film social anglais dans lequel le héros et confronté à son milieu social et essaye de s'en évader, sauf que là c'est belge et donc tout de suite un peu plus potache. Alors mon deuxième conseil pour 2010, allez voir la merditude des choses si ce n'est pour les décors à la bidochon: papier peint à gros motifs et mobilier en formica et pour la dégaine des personnages en plein dans les années 80. Vous pouvez aussi lire le livre DimitriVerhulst qui doit être très chouette.
Après son formidable court métrage HarvieKrumpet, AdamEliott reprend ce qui semble être son thème de prédilection, les gens différents en créant cette fois l'amitié épistolaire entre MaryDaisyDinkle, petite australienne de huit ans et Max Horowitz, la quarantaine, newyorkais un peu dérangé. A des milliers de kilomètres, leurs kilos en trop, leur solitude et leur amour pour le chocolat les réunis pour de longues années d'échanges drôles et tendres où chacun livre à l'autre son quotidien gadouille, gris, ses angoisses et ses questions existentielles. Ces laissés-pour-compte ont chacun un regard particulier sur le monde qui les entoure, le regard des gens différents, avec humour bien sûr mais dans le fond énormément de sérieux. Parce que Mary et Max c'est Mademoiselle et Monsieur tout le monde, loin d'être des supers héros, avec leurs failles et leurs problèmes donc un peu comme nous... J'avais un peu peur du côté pâte à modeler et finalement on rentre très vite dans le monde d'AdamEliott, les personnages aux attitudes expressives et aux sentiments sincères deviennent humains! Avec des voix qui font frissonner: PhilipSeymourHoffman dont on parvient à faire abstraction du physique et une musique qu'on fredonne encore en rentrant chez soi.
Et pour vous, la vie formidaaaable d'Harvie Krumpet!
Hier je suis allée voir The Reader, d'abord parce que j'ai lu le livre de Bernard Schlink qui à l'époque m'avait bouleversé et ensuite parce que je tiens Kate Winslet à l'œil ou plutôt au sourcil. Oui, parce qu'elle n'a visiblement pas compris qu'on ne peut pas se teindre les cheveux en blond tout en gardant des sourcils bruns, ce qui a tendance à m'énerver et m'empêche d'apprécier son jeu à sa juste valeur et de comprendre le pourquoi du comment de ses oscars. Alors Kate, si tu me lis... Le film commence, je constate que Kate n'a pas réglé le problème sourcil, soupire, j'ai envie de prendre mes jambes à mon cou! Mais apparaît le jeune Michael, blondinet de quinze ans qui fait la rencontre d'Hanna, qui a le double de son âge et grâce à qui il va connaître ses premiers émois sexuels et sentimentaux. Cependant, Hanna cache un lourd secret, il l'apprendra quelques années plus tard lorsqu'il la retrouvera lors d'un procès nazie. Hanna est sur le banc des accusés avec cinq autres anciennes SS. Je ne peux pas en dire plus, mais Michael alors étudiant en droit découvre le passé d'Hanna et comprend enfin le secret de celle ci, secret qui, s'il était révélé pourrait la sauver mais que l'un comme l'autre choisissent de taire, par honte pour Hanna, par irrésolution pour Michael qui en agissant ainsi la punit personnellement pour ses crimes mais reste partagé entre l'amour et le dégoût qu'elle lui inspire. Peut-il lui pardonner? Comment ne pas s'en vouloir d'avoir aimé cette femme, coupable des pires crimes et qui le hante depuis des années? C'est une multitude de questions qui agitent Michael que nous suivons pendant plusieurs années de sa vie et qui nous font nous aussi trembler en nous mettant face à ce terrible cas de conscience. Fidèle au livre bien qu'un peu plus mélo, on est forcément secoué par toutes ces horreurs mais aussi cet amour fulgurant et cet admiration que les personnages ont l'un pour l'autre tour à tour. On assiste à une véritable montée en puissance émotionnelle et on découvre avec effrois que les individus capables des pires crimes sont aussi des êtres humains que l'on peut aimer. Bravo donc à Stephen Daldry (Billy Elliot et The Hours) qui réussi à éviter le mélo dégoulinant, même si on se serait bien passé du dernier quart d'heure du film un peu redondant. Bon point aussi pour les acteurs avec mention spéciale pour Ralph Fiennes qui me fait toujours beaucoup d'effet, bien plus que le juvénile (mais néanmoins prometeur) David Kross.
Si il y a un film à ne pas manquer en ce moment, c'est bien Amerrika. Il est vrai que ça date, j'ai un peu tardé, mais vraiment vraiment ça vaut le coup! Croyez moi, vous allez être bouleversés par Mouna et son fils Fadi, palestiniens qui viennent vivre aux États-Unis dans l'espoir d'une vie meilleure, loin du mur et des contrôles de police. Hébergés par la sœur de Mouna qui vit depuis quinze ans dans l'Illinois, la mère et son fils vont être confrontés au choc des cultures, à la vie à l'occidentale avec tout ce qu'elle comporte de clichés et d'absurdité surtout dans le contexte particulier de l'Amérique de Bush, de l'occupation de l'Iraque et la peur du terrorisme qui engendre la peur de l'étranger surtout s'il ressemble de près ou de loin à un arabe. Certes un peu prévisible, Amerrika et ses acteurs sont drôles, touchants, et criants de vérité. Alors n'allez pas voir Transformers mais posez vous un instant avec Mouna et Fadi en dégustant pourquoi pas des concombres farcis (si si, allez voir le film vous comprendrez). Et tant que j'y suis, je vous conseille d'emporter (en plus des concombres) une petite laine et de ne pas mettre de sandales mais plutôt des chaussures fermées avec chaussettes, parce que si il fait 30 degrés dehors, il fait bien froid dans les salles obscures faute à la clim'...
J'adore Almodovar, ces derniers jours je repensais à Talons aiguilles, tout sur ma mère, Parleavec elle et bien sur Volver. J'étais impatiente de voir son nouveau film, il fallait simplement que ce soit le bon moment, le moment idéal pour être tout à fait réceptive à l'atmosphère Almodovar. Et quel bonheur! J'ai dégusté ce film du début jusqu'à la fin et je me suis même léché les doigts pendant le générique. PenélopeCruz en femme fatale, fragile et brisée m'a fait frémir dans son rôle de maîtresse adorée par Matéo, réalisateur éperdument amoureux et son vieil amant jaloux qui va les persécuter jusqu'à la mort de Léna dans un accident de voiture dans lequel Matéo perdra la vue. Intrigue digne d'un film noir, accents parfois Hitchcokiens (on s'en doutait en voyant l'affiche), mais aussi humour avec le film dans le film, Filles avec valises , tout est réfléchis, chaque scène est mûrie, léchée à l'extrême ce qui peut cependant parfois donner une impression artificielle renforcée par les flash-back. Mais la mise en scène, les acteurs et la musique sont efficaces, les dames (public majoritairement féminin) sortent leurs mouchoirs, on se relève un peu chamboulée et on se dit: "AaaahPedro..."